PRESENTATION DE LA FILIERE AQUACOLE DE RHÔNE-ALPES

Source ADAPRA (www.adapra.org/accueil.htm)

La Filière Aquacole de Rhône-Alpes regroupe trois types d’activité :
- la salmoniculture,
- la pisciculture d’étangs,
- la pêche professionnelle en lacs et en rivière.
Cette spécificité régionale est due à la richesse de notre territoire en eau de bonne qualité (rivière, source, étang, lac). Si la pisciculture d’étangs s’est développée au XIIème siècle, la pêche professionnelle est elle une activité ancestrale. De son côté, la salmoniculture a véritablement émergé dans les années 1950, bien que des entreprises existaient déjà à la fin du 19ème siècle dans notre région.
La production régionale s’élève à 4 400 tonnes et ce secteur d’activité dégage un chiffre d’affaires de 14 M€.

1/ l’économique

• Les chiffres clés :

Volumes de production et chiffre d’affaires

- Salmoniculture : 3 000 tonnes par an, composées à 90% par la truite arc-en-ciel, les 10% restant regroupent la truite fario, le saumon de fontaine et l’omble chevalier. 80% de cette production est destinée à la consommation (en filets, frais ou fumé, pavé, darnes, ou simplement éviscérés), le reste est destiné au repeuplement des rivières. La salmoniculture dégage un chiffre d’affaires de 9M€ et la région se place à la 5e place nationale.

- Pisciculture d’étangs : Un peu moins de 1 000 tonnes par an de poissons d’étangs sont produites dans les 3 régions d’étangs de Rhône-Alpes : en Dombes, dans le Forez et en Dauphiné. La carpe représente 60% de ce tonnage, suivie par les poissons blancs (gardon et rotengle), la tanche et les carnassiers (brochet, sandre, …). Les poissons d’étangs sont eux aussi destinés en partie à repeupler les cours d’eau mais la carpe et le brochet sont aussi dégustés par les consommateurs, en filet également frais ou fumé, en goujonnettes ou en quenelles. Avec la Brenne et la Lorraine, la région Rhône-Alpes se place en tête des zones de production. Cette activité génère un chiffre d’affaires d’environ 2M€.

- Pêche professionnelle : Essentiellement regroupés autour du lac Léman, les pêcheurs professionnels exercent également leur activité sur les lacs du Bourget et d’Annecy ainsi que sur la Saône et le Rhône. Le corégone, appelé également féra ou lavaret suivant son lac d’origine, représente près des trois quarts des 400 tonnes péchées par an en Rhône-Alpes. La deuxième espèce est la perche, viennent ensuite, le brochet, la friture d’ablette ou de gardon, la lotte, … Ces poissons sont commercialisés auprès des restaurateurs ou de la grande distribution. La pêche professionnelle en Rhône-Alpes dégage un chiffre d’affaires de 3M€.



Les démarches qualité
Les professionnels ont souhaité valoriser la qualité et l’origine de leur produit, ils ont donc engagé des démarches de certification.
En 2008, une entreprise salmonicole a obtenu le Label Rouge sur ses truites de source en partenariat avec une société landaise. Des démarches qualité à caractère privé donc non officielles existent également chez les salmoniculteurs qui travaillent avec la grande distribution (Filière Qualité Carrefour, Terre et Saveur, Filière Auchan, …). Ces cahiers des charges s’appuient sur une norme mise en place par la profession la « Truite - Charte Qualité » qui définit le socle minimal des démarches qualité.
La production BIO n’est pas encore effective mais des projets sont en réflexion.
La diversité et la typicité des territoires de Rhône-Alpes ont conduit plusieurs entreprises à rattacher leur production à un terroir. D’une part, l’Association de Promotion des Poissons d’Etangs de la Dombes (APPED) est engagée à l’heure actuelle dans une démarche d’Indication Géographique Protégée (IGP) carpe et brochet de Dombes. L’IGP est un signe officiel reconnu par l’Union européenne. Les cahiers des charges ont été validés au niveau des instances nationales et le plan de contrôle est sur le point d’être mis en place. D’autre part, quelques pisciculteurs ont souhaité travailler dans des démarches commerciales pour valoriser l’origine de leur produit : au sein de l’Association « Nos Etangs », de la Charte des Truites et salmonidés du Parc Naturel Régional du Vercors (Trois salmoniculteurs), enfin les pêcheurs professionnels valorisent aussi l’origine de leurs poissons avec un marquage des captures issues des Lacs Alpins.

 


• Les perspectives et enjeux à relever au plan commercial
La concurrence dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture se situe à l’échelle mondiale avec les importations à bas prix en provenance notamment des pays asiatiques. Ces importations répondent aux attentes d’une majorité de consommateurs qui cherche un poisson à chair blanche, sans arête, sans odeur, ni saveur particulière et surtout pas cher. Les professionnels doivent donc se battre pour faire valoir les atouts de leurs produits en particulier leur fraîcheur (J+1), à la diversité de la gamme d’espèces et des produits (filet, pavé, produits fumés…).

• Focus sur la place de la restauration collective dans la filière :
Les relations avec le monde de la restauration collective sont pour l’instant très limitées en dehors des show-rooms organisés au niveau régional et les repas préparés par Prestal à Agrapole.
La principale difficulté pour accéder à la restauration scolaire ou aux maisons de retraite est la présence d’arêtes. Le développement de produits désarêtés et la proposition de recette appropriées devraient cependant lever cette barrière à moyen terme (par exemple, l’oseille dissous les arêtes…).
Une réflexion sur l’approvisionnement des cuisines centrales est nécessaire car chaque entreprise ne dispose pas encore du réseau logistique adéquat.

 

2/ le sociétal


• Les chiffres clés :
Globalement, la pêche et l’aquaculture en Rhône-Alpes emploient près de 750 personnes.

- Salmoniculture : la région compte une cinquantaine d’entreprises salmonicoles de tailles très diverses. Les grandes entreprises bien structurées employant entre 10 et 20 salariés et vendant à la Grande Distribution côtoient de très petites exploitations implantées sur des marchés locaux, valorisant directement leur production avec parfois 1 ou 2 salariés.
- Pisciculture d’étangs : les profils des opérateurs de ce secteur de production sont également très différents. La filière s’organise autour de quelques producteurs-négociants de poissons qui travaillent avec une multitude de propriétaires et exploitants d’étangs (environ 400 sur la région).
- Pêche professionnelle : Entre la Saône, le Rhône et les trois lacs alpins, la pêche professionnelle regroupe moins d’une centaine d’acteurs bien souvent installés en entreprise individuelle sans salarié.


• Les perspectives et enjeux à relever sur le plan sociétal (Formation initiale, évolution des compétences, besoin en main d’œuvre, reconnaissance des pratiques (charte professionnelle, …)
Pour former les futures générations de pêcheurs et d’aquaculture, la région compte 3 établissements d’enseignement qui couvrent le cursus scolaire du Bac professionnel jusqu’au diplôme d’ingénieur en passant par le BTSA et la licence Pro. Les qualifications s’obtiennent soit en formation continue soit en alternance soit après une expérience professionnelle par la voie de la validation des acquis (VAE).
Les jeunes diplômés peuvent ensuite être embauchés dans les entreprises du secteur aquacole et para-aquacole (poissonnerie, animalerie, …) ou s’installer à leur compte.


3/ l’environnemental et le territorial


• Les chiffres clés :
La pisciculture et la pêche professionnelle contribuent au maintien de l’emploi en milieu rural mais aussi à l’aménagement du territoire.
La pisciculture d’étangs en est la parfaite illustration. Depuis plusieurs siècles, les plans d’eau sont gérés dans le but de produire du poisson de manière extensive et sont le socle d’une biodiversité extrêmement riche (reconnaissance Natura 2000 par l’Europe). De part, leurs pratiques (l’entretien des berges, des roselières, à la pratique des assecs, …), les propriétaires et exploitants d’étangs contribuent au maintien de la biodiversité de ces grandes zones humides que sont la Dombes, le Forez et le plateau dauphinois.
Des dispositifs telles que les mesures agro-environnementales territorialisées (MAET) ont été mises en place en Dombes pour préserver la biodiversité autour des étangs et la qualité de l’eau, une centaine de contrats ont été signés (données Chambre d’Agriculture). Le département de la Loire disposait également d’un programme de gestion des étangs du Forez.
Pour diverses raisons, la production BIO de poissons est inexistante à l’heure actuelle en Rhône-Alpes. Les salmoniculteurs ne se sont pas intéressés à ce mode de production faute de perspectives commerciales claires. Actuellement, en France, seule une dizaine d’entreprises (aquaculture marine et salmoniculture confondues) élèvent leur poisson selon le cahier des charges « Agriculture biologique ». Malgré la réussite de celles-ci, cette production a encore des difficultés à émerger. Cependant, il est à noter que la première conversion d’un élevage de truites en bio pourrait intervenir prochainement dans la Drôme
Au niveau de la pisciculture d’étangs, l’absence de production bio est liée au fait que le cahier des charges est extrêmement difficile à appliquer. Avec la révision en cours du référentiel, certains pisciculteurs d’étangs pensent sérieusement à convertir leur production.

• Les perspectives et enjeux à relever sur le plan environnemental
En 2001, la filière salmonicole française s’est lancée dans un programme de développement durable. Dans ce cadre, la profession, en partenariat avec la recherche scientifique, développe actuellement un outil d’évaluation de la durabilité des entreprises (Indicateurs de Durabilité en Aquaculture – IDAqua). Cet instrument permettra à chaque salmoniculteur d’évaluer les performances de son entreprise du point de vue économique, social et environnemental.
Un autre outil est issu de cette réflexion. L’Analyse du Cycle de Vie (ACV), fruit du travail de l’INRA, doit permettre d’évaluer l’empreinte environnementale de nos productions.
En parallèle de ces travaux, la filière travaille à la réduction de l’impact des aliments piscicoles sur les ressources marines en choisissant des matières premières halieutiques soumises à quotas (c’est-à-dire faisant l’objet d’une gestion), en substituant partiellement les produits d’origine marine (farines et huiles) par des produits végétaux, en améliorant les techniques de fabrication et de distribution. L’ensemble de ces progrès permet aujourd’hui de limiter l’empreinte environnementale en amont et en aval (rejets) de nos productions.

Pour les étangs, actuellement des mesures aqua-environnementales sont en préparation pour préserver la biodiversité des étangs. Elles devraient bénéficier aux pisciculteurs de la région mais pour l’instant le dispositif n’est pas encore calé donc aucun contrat n’a été signé.

Enfin, la création de circuits de commercialisation locaux devrait permettre à la filière de réduire les émissions de carbone.

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