
Député-maire de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), administrateur à l’ADEME, Guy Geoffroy est aussi président des Eco-Maires, association dont il nous rappelle ici les actions.
Quel est l’objet de l’association Les Eco-Maires ?
Créée en 1989, Les Eco-Maires, association nationale des maires et des élus locaux pour l’environnement et le développement durable, rassemble des élus de villes et d’EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) quels que soient la taille et le territoire que ces collectivités représentent et qui ont en commun de faire du développement durable la priorité de leurs actions. L’association compte 1 900 villes adhérentes mais rassemble aussi 2 000 partenaires dont 500 se trouvent dans d’autres pays que la France, c’est-à-dire en Europe et dans les pays méditerranéens.
Au cœur des enjeux du développement durable, mais aussi des préoccupations liées à la santé et à la qualité nutritionnelle, on parle de plus en plus des circuits courts, des éco-circuits alimentaires. De quelle manière votre association œuvre-t-elle sur ces questions ?
Sur ces questions, l’association Les Eco-Maires mène principalement deux programmes. L’un porte sur la problématique nutrition-santé avec 200 collectivités qui mettent en œuvre les recommandations figurant dans le Plan National Nutrition Santé (PNNS). Ces collectivités mènent des politiques publiques locales afin d’éduquer les enfants dans ce domaine et de favoriser une meilleure alimentation dans les cantines et les repas à domicile. Second axe d’action, l’association Les Eco-Maires accompagne les collectivités sur la modification de leurs marchés publics afin de mettre en place des achats durables et éco-responsables.
La législation actuelle laisse-t-elle la possibilité de donner plus de place aux produits alimentaires locaux dans les menus proposés en restauration collective lorsque ces achats sont soumis au Code des marchés publics ?
Pas en tant que telle car le « localisme » est contraire au principe du Code des marchés publics. Mais il est néanmoins possible d’être efficace dans la réduction des gaz à effet de serre (GES) dans ces achats et d’acheter localement en faisant des efforts au sein d’une politique globale des achats, donc en amont et en aval, et en choisissant des critères pour définir des achats auxquels les producteurs locaux peuvent répondre et être compétitifs. Ces critères peuvent être par exemple l’exigence de produits saisonniers, ou être relatifs à des exceptions juridiques comme les AOC…
L’avenir des circuits de proximité vous semble-t-il en pleine construction ?
Il est vrai qu’aujourd’hui beaucoup de collectivités se posent la question de favoriser les circuits courts et la production locale, que ce soit pour des questions d’ordre économique ou d’environnement. Il faut accompagner ce mouvement et je pense qu’il serait bon de soutenir ces initiatives par des incitations afin de les mettre en œuvre ou par un assouplissement du Code des marchés publics sur ce point. |